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LA BATAILLE DE CRECY

Cet article traite de la célèbre bataille de Crécy, opposant la France à l'Angleterre.
I. Contexte de la bataille
Cette bataille se passe en 1346 et donc en pleine Guerre de Cent Ans. A cette époque, la France
et l'Angleterre se font la guerre, guerre entrecoupée de nombreuses trêves plus ou moins longues.
Ce conflit nait d'une façon stupide : le trône de France était alors donné à des Nobles ne
descendant pas forcément du roi précédent, parfois étant de sa famille éloignée. Les Anglais ont
alors réclamé le trône de France qui ne leur fut pas accordé. La guerre a été déclarée en 1337,
lorsque le roi anglais Edouard III prit la décision de défier publiquement le roi de France, Philippe VI
de Valois, contestant la légitimité de son cousin. Le sept octobre 1337 marque le début de la
Guerre de Cent Ans.
Edouard III lance sa première campagne en France en 1339. Elle passe presque inaperçue tant son
ampleur est faible. Un an plus tard, Edouard s'autoproclame "roi d'Angleterre et de France" et lance
sa deuxième campagne contre son cousin Philippe VI. Il lancera sa troisième campagne en 1346,
désirant prendre Paris. C'est durant cette campagne que la bataille de Crécy aura lieu.
Edouard débarque le 12 juillet avec 20 000 hommes. Les Normands sont surpris et effrayés par
l'invasion anglaise : ils ouvrent leurs villes et les laissent s'en emparer sans (ou avec très peu de)
résistance. Les Anglais marchent ensuite sur Caen, qui, elle, bien défendue, tente de résister. Mais
elle ne tiendra pas à tombera sous le joug d'Edouard.
Pendant tout ce temps, Philippe VI rassemble ses troupes, notamment à Saint Denis. Edouard, se
sachant en grand sous-nombre, file chercher l'aie de ses alliés de Flandre. Pour cela, il doit
traverser la Somme. Mais il doit tester les passages possibles pour traverser le fleuve, perd donc du
temps et s'installe à Airaines. Pendant ce temps, Philippe avance, et a atteint la ville d'Amiens. Les
anglais craignent d'être pris en souricière par les Français, c'est-à-dire être bloqués par le fleuve et
la mer. Edouard doit faire un choix : soit il prend la ville côtière de Saint-Valéry-sur-Somme, puis
regagne l'Angleterre, soit il reste en France et trouve un passage. Edouard choisit la première
solution et attaque la ville, mais il essuie un cuisant échec. Le voilà obligé de trouver un gué, gué
qu'il connaissait bien (il est suzerain d'Abbeville) mais qu'il ne pouvait situer précisément. Il
interroge les Picards, qui se révèlent peu causants. Finalement, il finit par trouver un paysan cuvant
son vin qui, ne voyant pas en qui cette information nuirait à la France, accepte d'indiquer le passage
à Edouard moyennant pot-de-vin.
Edouard fait tout de suite mouvement avec ses hommes afin de traverser le fleuve. Quelques
milliers d'hommes tentent de les en empêcher en protégeant le passage, mais ils se font balayer
par les Anglais. Philippe VI, pendant tout ce temps, a rattrapé les Anglais et arrive lorsque l'arrière-
garde anglaise est passée de quelques heures. Encore visibles à l'horizon, il ne peut cependant les
poursuivre car la marée montante augmente le courant et la profondeur de l'eau. Traverser serait
suicidaire.
Edouard continue d'avancer, mais des inondations le freinent soudain après qu'il ait pillé et brûlé
quelques villes comme Rue. Il bifurque à l'est, où se trouve la forêt de Crécy. Le roi Philippe se
rapprochant de plus en plus, Edouard comprend qu'il ne peut plus fuir et qu'il va devoir livrer bataille
en sous-nombre. Avec son fils, Edward Plantagenet, appelé le Prince noir, prince de Galles, comte
de Chester, duc de Cornouailles et prince d'Aquitaine, il attend les Français, préparant le terrain.
II. La bataille
Le roi Anglais et son aîné peuvent compter sur 12 000 hommes, venant d'Angleterre, certes, mais
aussi des mercenaires du Saint Empire Romain Germanique et du Danemark. Les Français, eux,
ont dans leurs rangs, selon Froissart, près de 100 000 hommes dont 20 000 cavaliers et 6000
mercenaires génois. Comme Froissart est connu pour son exagération, il ne faut pas tenir compte
de ces chiffres. On estime à approximativement 40 000 le nombre de soldats présents. Les
Français ont une dizaine de commandants dans leurs rangs, parmi eux, les plus importants sont
sans doute le roi de France, Philippe VI, Jean I de Luxembourg, dit l'Aveugle, roi de Bohême,
Charles de Valois, frère du roi Philippe, Charles IV de Luxembourg, Empereur Germanique.
La bataille commence le 26 août, contre l'avis du roi de France. En effet, son armée arrive en
désordre et il ordonne de reporter la bataille au lendemain. Ses hommes ne l'entendent pas, sauf
les derniers escadrons qui s'arrêtent. C'est alors que la bataille devient incompréhensible tant elle
est stupide.
Les bataillons de première ligne voient l'arrière-garde française arrêtée, et, ne sachant pas qu'il
s'agit d'un ordre royal, se mettent à les huer avant de foncer tête baissée dans le seul but de
taillader de l'Anglais ! En effet, il s'agirait d'un grand honneur d'ouvrir la bataille. A quel prix ? Les
bataillons de l'arrière-garde sont emportés par l'enthousiasme de leurs camarades et ignorent les
ordres pour se ruer à leur tour vers l'ennemi. Seuls les plus obéissant restent immobiles, et ne
bougeront que lorsque le roi Philippe lui-même deviendra suicidaire en hurlant, l'épée pointée vers le
ciel, "Je vois mon ennemi, et par mon âme, je veux l'affronter !"
Philippe prend quand même la précaution d'envoyer ses arbalétriers génois affaiblir les Anglais
avant de se ruer sur eux -tant pis pour ceux qui ont déjà engagé le corps-à-corps!-. Mais il a
récemment plu : le bois de leurs arbalètes est mouillé, et l'arme est affreusement lourde. De plus,
leurs cordes faites de cheveux, trempées, sont moins précises et puissantes. Pour terminer les
désavantages de cette "stratégie", les mercenaires n'ont, à cause de la précipitation de la bataille,
pas eu le temps pour la plupart de se munir de leurs pavois. Ils arrivent à portée de l'ennemi
épuisés et ne parviennent, pour les meilleurs d'entre eux, qu'à tirer 4 coups par minute. Les
Anglais, eux, ne font que déplier leurs arcs. Aucune fatigue ne les marque, et l'entraînement des
archers anglais leur permet de tirer environ 12 coups par minute. Vu qu'il y avait près de 6000
archers anglais (la moitié de l'armée) les Français auraient pu recevoir 72 000 flèches chaque
minute, soit 4 320 000 flèches à l'heure. Pour faire plaisir aux Français, les Anglais chargent leurs
bombardes qu'ils avaient emportées pour les sièges. Même si elles provoquent plus de peut que de
mal, elles terrorisent les Génois qui se replient à toute vitesse. Les Français, aveuglés par le
"charme" de la bataille, croient à une trahison et chargent leurs mercenaires... Ils poursuivent tous
les Génois, ne se souciant plus des Anglais qui leur tirent dessus -et doivent franchement s'amuser
en voyant ce spectacle-. Des centaines de Français sont tués en tombant dans des pièges placés
par les Anglais.
Les Français poursuivent leurs assauts inutilement sans aucune logique, jusque tard dans la nuit.
Ils sont à chaque fois repoussés. Philippe VI s'enfuit du champ de bataille, laissant ses soldats
seuls se battre jusqu'à la mort, tel Jean I de Luxembourg, aveugle, roi de Bohême et roi titulaire de
Pologne.
III. Les tués à Crécy
Parmi les comandants à la bataille de Crécy, aucun Anglais n'est mort pour au moins six Français,
qui sont :
- Jean I de Luxembourg, roi de Bohême et roi titulaire de Pologne;
- Charles II d'Alençon, ou Charles de Valois, frère du roi Philippe VI, comte de Valois;
- Raoul de Lorraine, duc de Lorraine;
- Louis de Dampierre, comte de Flandre, de Nevers et de Rethel;
- Louis II de Sancerre, comte de Sancerre, seigneur de Meillant et de Charanton;
- Louis I de Blois-Châtillon, comte de Blois, de Dunois et de Fréteval;
- ...
Bigrat

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