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QUELQUES BATAILLES ROMAINES





Publius Decius Mus

En 343 avant Jésus-Christ, lors de la première guerre samnite, alors qu'il était le tribun militaire, il sauva Cornelius Cossus, qui s'était fait enfermé par les Samnites dans les gorges de Saticule. Deux ans après, Publius était nommé consul.
A Véséris (près du Vésuve), dans une bataille qu'il livra aux Latins, avec Manlius Torquatus, il se dévoua aux dieux infernaux afin d'assurer la victoire aux Romains et, se jettant au milieu des rangs ennemis, il périt, percé de coups.
Publius eut un fils et un petit-fils.Tous deux imitèrent son dévouement:le premier à la bataille de Sentinum, et le second à Asculum.

Bataille de Sentinum

Cette bataille est une victoire romaine face à une alliance entre les Gaulois, certaines tribus italiennes et les Samnites, pendant la troisième guerre samnite.En -295, l'alliance de ces derniers est proclamée, avec, pour tribu gauloise les Sénons, et les Etrusques et Ombriens (d'Italie)..Les alliés Samnites et Gaulois, dirigés par Gellius Egnatius, attaquent l'armée romaine, cependant qu'Etrusques et Ombriens se jettent sur son camp.L'armée romaine, commandée par les consuls Fabius et Publius Decius Mus (deuxième du nom) se trouvent alors dans une situation critique. Fabius lance alors sur l’Étrurie deux corps de réserve laissés à la protection de Rome, qui ravagent le territoire de Clusium.Les Etrusques et les Ombriens se hâtent d'aller défendre leurs foyers, tandis que Samnites et Gaulois restent seuls contre les Romains, qui engagent la bataille en chargeant.Le choc est mortel, Publius est d'ailleurs tué lors de la charge victorieuse, suivant l'exemple de son défunt père à Véséris.Près de 25.000 Gaulois et Samnites périrent, 8.000 furent faits prisonniers.

Bataille d'Asculum

Cette bataille se déroula en -279, et vit s'affronter les troupes de la république romaine commandées par Publius Decius Mus (troisième du nom) aux troupes coalisées d'Épire, de Tarente, d'Osques, de Samnites, sous le commandement du roi d'Épire Pyrrhus Ier.Cette bataille est un tournant majeur dans la guerre de Pyrrhus en Italie et dans le contrôle de la Grande Grèce (nom donné par les Grecs au sud de l'Italie et à la Sicile).
La victoire revient à Pyrrhus qui utilise ses éléphants de guerre pour effrayer les soldats et les chevaux romains, qui s'y opposent pour la première fois dans l'histoire romaine. La bataille dure deux jours, les historiens romains la présentent comme indécise, mais la victoire revient bien à Pyrrhus.Le souvenir de cette bataille donna naissance à l'expression "victoire à la Pyrrhus", qui désigne une victoire à un prix tellement élevé que cela en est presque une défaite.
Après cette victoire, le roi d'Epire part pour la Sicile où il chasse les Carthaginois, sauf à Lilybée.
Un extrait de Frontin (auteur latin), précisant le déroulement de la bataille dans son oeuvre Les stratagèmes (livre II, III, 21), nous montre bien la victoire à la Pyrrhus qui se produisit.
NB:pour rappel, les effectifs étaient, pour Pyrrhus, de 40.000 cavaliers et fantassins soutenus par 20 éléphants de guerre, et pour Publius, le même nombre d'hommes, et environ 300 dispositifs anti-éléphants.
« Pyrrhus, combattant pour les Tarentins, près d’Asculum, suivit le précepte d’Homère, qui met au centre les plus mauvais soldats : il plaça à l’aile droite les Samnites et les Épirotes, à la gauche les Bruttiens, les Lucaniens et les Sallentins, au centre les Tarentins, et fit de la cavalerie et des éléphants son corps de réserve. De leur côté, les consuls distribuèrent sagement leur cavalerie aux deux ailes, et rangèrent les légions au front de bataille et à la réserve, en y mêlant les auxiliaires. Il y avait, le fait est constant, quarante mille hommes de part et d’autre. Pyrrhus eut la moitié de son armée détruite, et du côté des Romains la perte ne fut que de cinq mille hommes. »

Varus Publius Quintilius

Né en 46 avant Jésus-Christ, mort en l'an 9 de notre ère, général romain.En l'an 7, deux ans avant sa mort, l'empereur Auguste le charge d'organiser la Germanie déjà conquise sur la rive droite du Rhin.Sa tentative de substituer le droit romain au droit germanique exaspère les populations.
Le chef des Chéruques, Arminius, se fit peu à peu accepter par Varus.Les Germains semblaient vouloir accepter la domination romaine, en lui demandant de plus en plus souvent , par exemple, de juger leurs différends.
En l'an 9, en automne, Arminius informa Varus qu'un soulèvement avait eu lieu dans les terres à l'intérieur de la Germanie.Aussitôt, il se mit en marche à la tête de trois légions et des guerriers du germain Arminius.Ce dernier connaissait bien l'armée romaine, dans laquelle il avait jadis servi, et ses rouages tactiques.Une fois qu'ils arrivèrent dans une région boisée et marécageuse, les Germains quittèrent les Romains afin de rejoindre d'autres tribus.Il tendit une embuscade à Varus dans la forêt de Teutoburg, ou Teutberg.Cette bataille (massacre conviendrait mieux) dura plusieurs jours.Les troupes romaines furent décimées jusqu'au dernier, Varus se suicida en se jettant sur son épée.Les Germains lui coupèrent la tête et mutilèrent son corps, avant de l'apporter à Auguste qui eut cette célèbre tirade:"Vare, legiones redde", qui signifie "Varus, rends-moi mes légions".C'est à la suite de ce désastre, le plus grave depuis la bataille de Cannes, que les Romains réorganisèrent leur frontière en Germanie, sur les bords du Rhin, en se protégeant derrière le limes, la frontière fortifiée.

La bataille de Cannes

Cette bataille est une victoire du chef carthaginois Hannibal Barca sur les légions romaines, au cours de la deuxième guerre punique.Le 2 août de l'an -216, il écrase les Romains grâce à une manoeuvre (qui est toujours étudiée actuellement dans les écoles militaires), qui, pourtant, étaient beacoup plus nombreux.
Comme sur l’ensemble des guerres puniques, on dispose essentiellement de sources romaines. Les principaux auteurs sont Polybe et Tite-Live.Ploybe est un esclave grec à Rome, et Tite-Live un grand anti-plébeien.
Après leur défaites du Tessin, de la Trébie et surtout du lac Trasimène, les Romains avaient adopté une politique de temporisation mise en œuvre par le dictateur Fabius Maximus, dit Cunctator ("le Temporisateur") pour cette raison.
Hannibal, lentement affaibli par la guerre d'attrition menée par le dictateur, cherche à engager une bataille rangée contre les forces romaines. Il s’installe dans le sud de l’Italie où il dispose d’alliés, et cantonne à Capoue, renommée dans toute l'Italie pour sa splendeur. Il espère ainsi provoquer les Romains et les forcer a se battre en plaine, là où il est le plus apte à utiliser son excellente cavalerie.
A Rome, les élections se préparent, et, à cette occasion sont élus les consuls.Paul Émile comme Varron (Romains) sont partisans d'une bataille mettant rapidement fin à la guerre, sous la pression de leurs électeurs.La tactique romaine se révèlait efficace:les Carthaginois commençaient à manquer de vivres et se ravitaillaient difficilement.Sa confrontation au génie militaire d'Hannibal donne un exemple de bataille classique (qui est encore étudiée dans les écoles militaires) et démontre les limites des légions romaines.
Comme les consuls étaient élus chaque année, ils n'avaient pas le temps de se former au commandement militaire.Rome avait donc mis en place une tactique éprouvée et simple, où le succès de la bataille reposait peu sur la valeur du général et essentiellement sur la discipline et la valeur des soldats romains, qui étaient citoyens et défendaient leurs biens.

Les effectifs des deux camps.
I.Commandants d'armée.
Carthaginois:
Général: Hannibal Barca
Cavalerie lourde: Hasdrubal Barca
Cavalerie légère: Maharbal
Romains:
Consuls Varron et Paul Émile

II.Forces en présence.
Cathaginois:
55 000 hommes (infanterie lourde : 40.000, infanterie légère : 6000, cavalerie légère : 8000 (dont 4000 Numides)
Romains:
86.000 Romains et alliés, dont 9000 cavaliers (8 légions romaines et 8 alliées)

III.Pertes:
Carthaginois:
6000 tués
Romains:
50.000 morts dont 29 tribuns et 80 sénateurs; 20.000 prisonniers

Disposition des troupes romaines.
Les légions romaines étaient au centre: étant les mieux équipées, elles constituaient le point fort du dispositif.Les légions alliées les flanquant à droite et à gauche : étant moins bien équipées, elles forment un point faible, et la cavalerie, flanquant le tout et protégeant les ailes.
À l'intérieur des légions, les troupes étaient disposées en trois lignes, d'âge et d'équipement croissant. Là encore, les légions étant composées de citoyens payant leur équipement, les jeunes et les pauvres avaient un armement léger, alors que les plus vieux et les citoyens aisés étaient bien cuirassés. Les riches pouvant se payer un cheval formaient la cavalerie. Au cours de la bataille, après un harcèlement de l'adversaire par des troupes légères, la première ligne s'avançait pour enfoncer les lignes ennemies. Si elle était repoussée, elle reculait en bon ordre derrière la troisième ligne et c'est la deuxième qui prenait le relais.

Le déroulement de la bataille.
La bataille de Cannes reste dans l'histoire militaire la première bataille dite « d'extermination ». Elle inspirera de nombreux chefs de guerre car son plan nous est parfaitement connu.

Hannibal est en infériorité numérique dans un rapport de forces de un contre deux pour l'infanterie, mais dispose d'un atout majeur: sa cavalerie numide, qu'il utilisera avec génie.Le rectangle romain des 86000 hommes s'avance en bon ordre.Hannibal, lui, n'a qu'une seule ligne de fantassins à cette masse.Il a placé sa cavalerie sur ses deux ailes:celle de ses alliés gaulois devra maintenir la cavalerie ennemie tandis que l'aute aile prendra les Romains à revers.Hannibal disposera une ligne beaucoup plus longue que la formation romaine, avant de provoquer le contact entre ses lignes et et la première de l'armée romaine, puis de faire reculer le centre de sa ligne de telle manière qu'il prenne les Romains en tenaille, dont seule la première ligne restera en contact.La cavalerie numide arrive alors à l'arrière des Romains, et provoque sans peine l'un des plus grands massacres de l'Antiquité.Les Romains, contenus par les Celtes et les Espagnols à l’avant, attaqués par la redoutable infanterie lourde carthaginoise sur les côtés et chargés par derrière par la cavalerie victorieuse d'Hannibal sont réduits peu à peu dans une poche dans laquelle ils sont enfermés. Varron n’ayant plus de réserve voit son armée massacrée en quelques heures dans un bain de sang qui expliquera l’acharnement des Romains à réduire Carthage jusqu’aux fondations.

Extrait.
D'après Tite-Live (Histoire romaine XXII-49)
« On chiffre les pertes à 45 000 fantassins et 2 700 cavaliers, citoyens et alliés en nombre à peu près égal; parmi eux, les deux questeurs des consuls Lucius Atilius et Lucius Furius Bibaculus, 29 tribuns militaires, d'anciens consuls, d'anciens préteurs ou édiles, entre autre Gnaeus Servilius Geminius et Minucius qui avait été maître de cavalerie l'année précédente et consul quelques années plus tôt; en outre, 80 sénateurs ou magistrats ayant rang de sénateurs : enrôlés volontaires ils servaient comme simples soldats dans les légions. On dit qu'il y eut 3 000 prisonniers parmi les fantassins et 1 500 parmi les cavaliers. »

D'autre part, selon Polybe, considéré par la plupart des historiens comme plus impartial que Tite-Live, 10 000 Romains furent capturés, et près de 53 000 périrent au combat. Encore selon Polybe, près de 5 500 cavaliers Romains tombèrent sous les coups des Carthaginois.
Tout cela reste romancé, les valeurs s'approchant le plus de la vérit sont bien celles donnés plus haut.

Bigrat




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