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Discussion: Vivre à la campagne au XVIIIe siècle.

  1. #1
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    Vivre à la campagne au XVIIIe siècle.


    " Il est assuré, et je vous parle pour en être bien informé, que la plus grande partie des habitants de cette province n’ont vécu pendant l’hiver que de glands et de racines, et que présentement on les voit manger l’herbe des prés et l’écorce des arbres." C'est ce qu'écrit le gouverneur du Dauphiné en 1685, décrivant la province qui connaissait une grande période de misère. La vie à la campagne est souvent perçu comme dur de part l'aspect enclavé de celle-ci et des nombreuses contraintes auxquelles sont confrontés les ruraux. Durant le XVIIe les provinces du royaume de France subissent des crises plus graves et plus fréquentes qu'au XVIIIe. Le règne personnel de Louis XIV est terrible pour les campagnes françaises qui sont parfois dévastées par le passages d'armées dû aux nombreuses guerres qu'entreprend le souverain, et les quinze dernières années du règne ne font qu'accroitre la misère déjà bien implantée : une véritable famine sévit à partir de l'hiver 1709. Néanmoins les années qui suivent la fin du règne du Roi Soleil connaissent une nette amélioration, tout d'abord parce que le sol français n'est plus le théatre d'affrontements dévasteurs qui eux même diminuent. On signale néanmoins encore des crises, mais pour comprendre le mode de vie des hommes à la campagnes il faut toujours différencier les périodes de crises des époques normales. Le royaume de France est composé d'une majorité de ruraux qui représentent à la veille de la Révolution un peu moins de 80% de la population, soit 22,3 million, pour 5,8 millions de citadins. Cette part de ruraux est répartie de manière disparate dans les différentes provinces : certaines généralités ont des densités de population élevées, donc environ 80 habitants par km²c'est le cas pour celles de Lille, Rouen, Amiens, Alençon, Caen et Paris tandis qu'à l'inverse d'autre généralités comme le Poitou, la Sologne, Le Berry, les Alpes, la Provence et l'Alsace ont une densité de population assez faibles environ 40 habitants par km² . Dans ces provinces la moyenne d'age est basse, liée à la forte natalité et la mortalité en bas âges. Nous avons donc d'un point de vue démographique une population rurale assez jeune dans des provinces qui sont par contre à plusieurs vitesses, élément qui est d'ailleurs également vrai pour l'économie. Nous pouvons maintenant nous demander ce qui caractérise la vie à la campagne au cours du 18e siècle, comment y vivait-on ? Pour répondre à cette question nous verrons tout d'abord les cadres de vie dans les campagnes françaises, puis nous aborderons les activités que l'on y trouve, qui sont spécifiques et nous le verrons, centrées sur la production, et nous terminerons par les aspects socio-culturel.

    I- Les cadres de vie dans les campagnes françaises

    Le premier cadre et donc la première socialisation ( le processus par lequel un individu apprend à vivre en société ) auxquels un individu est confronté est le cadre familial. Nous pouvons donc nous demander comment est ce cadre familial, comment il se construit.

    1- Le cadre familial

    La famille type à la campagne est une famille avec 4 ou 5 enfants en moyenne. La natalité est donc importante, mais aurait pu l'être beaucoup plus, elle n'est pas abondante. Cela s'explique en partie par l'allaitement maternel qui peut rendre momentanément stérile, la stérilité précoce ou la perte d'un conjoint. Pour le mariage, il était d'abord très rare à la campagne qu'un individu ne fonde pas de famille, en effet le célibat définitif est très bas, et même s'il augmente au cours du XVIIIe siècle il reste autour des 5%. L'age du mariage ne fait qu'augmenter au cours des siècles pour arriver au XVIIIe à 27 ou 28 ans pour les garçons et 25 ou 26 ans pour les filles. Ces données ne restent néanmoins que des moyennes et il existe certaines variantes individuelles, sociales ( les gens bien installés quittent le célibat plus tard) ou même régionale, (par exemple dans la France méridionale l'âge du mariage est plus bas que dans le reste du royaume). Cet allongement de l'age du mariage est en parti lié à la légère augmentation de la durée de vie puisque bien souvent c'est la mort des parents qui permet le mariage puisqu'elle libère une ferme et des terres. En effet les raisons des unions sont bien souvent économiques, (il n'y a peu voire pas de mariage d'amour). Le choix du conjoint(e) est est soumis aux contraintes de l'endogamie et de l'homogamie, contrôlées par les parents. Il y a également beaucoup de remariages, puisque celui ci assure une stabilité économique il n'est pas rare qu'à la mort précoce du conjoint le veuf ou la veuve se remarie rapidement (la veuve, surtout si elle a des enfants, le fera plus difficilement). Au sein de la famille l'enfant est dès le baptême, (notamment avec le choix du prénom ), intégré un lignage, et toute son enfance sera rythmée par des rites de passages, (par exemple ses premiers pas pourront être fait dans le cimetierre ou repose ses ancêtres). À partir de 7 ans garçon et filles sont séparés. À l'adolescence les garçons entrent dans des groupes de village auxquels la communauté villageoise accorde le droit de préparer des réjouissances, de régler des différents ou de faire respecter des moeurs. Le cadre familial est donc dicté par des moeurs très implantés, les aléas "naturels" et une attention particulière porté sur l'endogamie et l'homogamie, puisque, nous allons le voir par la suite, les campagnes sont des communautés très inégalitaires.

    2- Une communauté hierarchisée et inégalitaire

    Il existe en effet tout d'abord une inégalité entre les différentes campagnes françaises : les régions de la France du Nord jusqu'à la Normandie, la ligne St Malo Mulhouse, les régions bordelaises, charentaise, du Roussillon, de la Bourgogne et du pays du Gex sont des régions plutôt à l'aise économiquement parlant, tandis que la Franche Comté, l'Orléanais, ou toute la france méridionale sont des régions plutot pauvres. Il faut savoir que la noblesse, le clergé et la bourgeoisie possèdent la totalité des terres et des seigneuries et détiennent l'autorité et le prestige au sein des communautés. Il y a donc dans les campagnes une minorité de bourgeois, présents surtout dans les grands villages, ce sont des notaires, des greffiers, etc. Ensuite les paysans en forment pas une masse uniforme, pour ceux qui sont pleinement affranchis les différences viennent de la quantité de terre possédée : => il y a ceux qui peuvent vivre exlcusivement de la culture de leur champs et forment une sorte de bourgeoisie paysanne. Document 1 : paysage avec ferme, peinture de François Boucher. Ce sont les laboureurs, appelés aussi coqs de village, ils connaissent un âge d'or au XVIIIe, ils sont organisés autour de grand domaines exploitables qu'ils louent ou possèdent en partie. => viennent ensuite les fermiers et les métayers, donc qui sont lié à un propriétaire foncier soit par un contrat de métayage où le propriétaire et l'exploitant se partagent la production en nature, soit par un contrat de fermage où le locataire paye un loyer en argent, en nature ou les deux. C'est le type d'exploitation les plus répandu, la plupart des grandes terres appartiennent à des nobles qui font cultiver leur exploitations par des fermiers, en fonction de la taille des exploitations ou a donc des fermiers plus ou moins aisés. => les plus pauvres s'engagent comme journaliers ou domestiques. Il faut savoir que le servage ne s'est conservé dans quelques régions, celle où il était le plus dense au Moyen-Âge. La société rurale est donc hierarchisée et ses inégalités sont exacerbées par le poids financier et social qu'imposent les différentes puissances.

    3- Seigneurs, paroisses et instances étatiques


    Il existe en effet peu de terres libres de droit, alleux, dans le royaume, (on les trouve dans le Midi, en Auvergne, en Basse Bourgogne et en Guyenne). Partout ailleurs les terres sont donc comprises dans des seigneuries et peuvent être cultivées sous un contrat de métayage ou de fermage. Le seigneur possède sa réserve, c'est à dire une terre qui dépend directement de lui, qu'il exploite lui même ou qu'il fait exploiter par un fermier. Il a ensuite des propriétés éminentes que les propriétaires réels tiennent ancestralement de lui et lui versent un loyer, le cens. Quand ce loyer est payable en monnaie la charge n'est pas très lourde, mais quand c'est en nature il peut représenter plus du quart des productions agricoles, cela varie en fonction des régions. Quoi qu'il en soit le paysans peut transmettre la terre à sa descendance, même s'il existe au XVIIIe encore quelques rares cas de mainmortes. Le seigneur a également des privilèges et des droits de commandement, le ban, ce qui au XIIIe accentue les tensions entre paysans et seigneurs. On a notamment des révoltes en Bourgogne à cause des accaparemment des communaux, de l'asséchement d'étang etc. L'un des cadres insitutionnels de la communauté reste la paroisse, c'est elle qui est citée dans les actes administratifs. En général un village constitue une paroisse mais parfois cette dernière domine plusieurs village, (on a donc une église-mère qui détient les fonds baptismaux et qui est secondée par d'autres églises annexes ). Le curé est un personnage central dans la communauté, il tient l'état civil, c'est un guide spirituel, il intervient entre la population et les autorités ( il fait connaitre les décisions royales ), et le ciel. C'est donc un cadre social et moral dans la vie des ruraux. La paroisse perçoit également la dîme qui est l'une des composantes de la rente foncière. Elle porte sur les productions principales de chaque province, se fait en nature et constitue en général 1 dixième des récoltes. Elle sert à l'entretien du curé, des bâtiments liés au culte et à l'aide des plus démunis. Mais sa perception ne se fait pas toujours sans tensions et suscite bien souvent le mécontentement des paysans. À ceci s'ajoute la monarchie qui est le dernier cadre social et économique du monde rural. La monarchie prélève aussi des taxes, par exemple à partir de 1692 les terres libres sont également imposées. La rente foncière augmente globalement au XVIIIe, la population augmente, il y a plus de candidats à la location et l'offre augmente peu. La fiscalité royale aggrave les conditions de vie à la campagne car même les nouveaux impôts (capitation et vingtième ) auxquels les nobles sont soumis finissent par retomber sur la communauté rurale. Par exemple dans le Bordelais, les impôts constitueraient 36% des revenus. Il y a également de nouvelles prestations du XVIIIe : la corvée des grands chemins ( qui est de plus particulièrement injuste puisque la plupart des paysans n'utilisaient que très peu les routes ), les logements de gens de guerre, et la milice. Ces taxes sont pour la plupart du temps liées aux activités économiques de la vie à la campagne, ce qui nous pousse à nous interroger sur la nature de celles ci.

    II- Des activités centrées sur la production

    Vivre à la campagne c'est avoir des activités économiques centrées essentiellement sur la production, nous verrons que ces productions sont d'abord agricoles, mais qu'il existe également de l'artisanat => proto industrie. Les ruraux constituent l'essentiel de la main d'oeuvre et produisent la plus grande partie des richesses du royaume. L'agriculture au XVIIIe se traduit par des pratiques agricoles anciennes, qui n'ont pas énormément évolué depuis le Moyen-Age, on retrouve de petites exploitations et il n'y pas d'énormes défrichements qui se mettent en place. C'est de plus un domaine soumis à de fortes contraintes, ce qui explique qu'une crise économique a pratiquement toujours un antécédent agricole.

    1- Des productions agricoles soumises à de diverses contraintes


    Pour commencer l'une des premières contraintes de l'agriculture est climatique, à ce sujet le XVIIIe siècle connait un léger réchauffement, il y a beaucoup moins d'hiver glacials comme on trouvait au XVIIe, et moins d'été difficiles, et il n'y a pas énormément d'aléas météorologiques dévastateurs. Une autre contrainte vient de la terre, de la place disponible et de la qualité des sols. Au XVIIIe pratiquement toutes les terres arables sont utilisées, soit plus de la moitié du territoire. L'ampleur des défrichements reste néanmoins limité, et c'est en tout cas la forêt qui est la principale victime : au XVIIIe les bois disparaissent et laissent place aux taillis ( arbres issus de la reproduction végétative d'une souche ). Pour préserver les terres les ruraux pratiquent la technique de la jachère : par exemple l'assolement triennal : céréale d'hiver la première année( ex froment et seigle ), céréale de printemps la deuxième année ( sarasin, avoine, orge ) et jachère la troisième année pour laisser reposer la terre, on y met du bétail. Cela veut dire que ça apporte des contraintes collectives, la liberté de culture n'existe pas vraiment mais également des avantages collectifs comme la vaine pature : droit de laisser paître le bétail de tout le monde sur la jachère. Au cours du XVIIIe certaines campagnes renonceront à la jachère, on voit l'apparition de l'utilisation de fumier pour nourrir les sols. Les cycles agricoles sont également liés à la religion : cf document calendrier agro-liturgique. Le cycle annuel des travaux agricoles est divisé en trois moments clés: les semailles octobre-novembre, culture de printemps mars avril, révoltes, fauchaison et vendagede juin à octobre. Les ruraux ont un travail manuel très important faute de mécanisation : charrue pour les labours, faucille et faux pour les moissons, fléaux pour les battages (beaucoup de gaspillage de grain qui restent dans les épis ). Division du travail à certains moments où tout le monde travaille : exemple pour les moissons les hommes coupent le blé et les enfants et les femmes le sarclent ( enlever les mauvaises herbes ), rassemblent les épis. Ils peuvent aussi aider au battage. Les rendements sont souvent peu élevés mais augmentent pour certains ruraux grace notamment aux améliorations techniques pour le labour et l'apport de fumier. Les productions agricoles sont essentiellement des céréales, la culture viticole est également très présente, et la nouveauté du 18e est la pomme de terre, se fait surtout en culture secondaire c'est à dire sur l'hortus qui serait l'équivalent d'un potager personnel. Le bétail est également très présent. Le XVIIIe voit aussi l'apparition des spécialisations par provinces : exemple le Bas Languedoc : huile d'olive. Mais la production de la campagne ne s'arrête pas à l'agriculture :

    2- L'existance d'une industrie


    En effet nous trouvons dans les campagnes deux types d'artisanat : l'artisanat quasi permanant voire permanant, pratiqué tout au long de l'année et qui est l'unique ressource économique de ceux qui la pratiquent, et l'artisanat saisonnier, limité à la période froide où le travail dans les champs est impossible. On fabrique ainsi à cette période des vêtements, des outils agricoles ou des objets plus élaborés ou travaillés susceptibles d'être vendus. L'industrie est présente à la campagne, au moins autant qu'en ville car c'est là que se situe les matières premières. On peut parler de proto-industrie qui se définit comme " un ensemble d'activité essentiellement rurales, dispersées dans des milliers ou des dizaines de milliers de foyers, dont chacun ne fournit qu'une production très limitée". Soit la production se fait de manière totalement indépendante, la procuration de la matière première, la fabrication et la vente en ville soit cette production est liée à un marchand fabricant urbain qui amène la matière première, donne une avance, et diffuse et vend la production une fois celle-ci réalisée. Ces productions rurales sont essentiellement textiles ou encore métallurgiques. Le XVIIIe est l'âge d'or de ces manufactures rurales, d'une part parce que la production urbaine ne suffit plus à la consommation urbaine, d'autre part parce le coût salarial est beaucoup plus faible à la campagne où toute la famille participe au travail. L'essor démographique oblige une partie du monde paysans à effectuer du travail manufacturier pour échapper au chômage ou juste pour apporter un revenu de complèment. Mais si les ruraux sont des producteurs agricoles et artisanaux ils n'en restent pas moins des consommateurs ce qui m'amène à ma troisième sous partie.

    3- La consommation dans les campagnes.

    Pour commencer l'aliment de base est la céréale : froment, seigle, sarasin. Il y a donc sur la table des campagnes françaises beaucoup de pain. À cette base s'ajoutent des condiments, des fruits et des légumes et de la viande, mais la consommation de viande est limitée et est souvent constituée de porc. Il y a ensuite des variantes régionales, par exemple pour cuir les aliments dans le Midi c'est l'huile d'olive qui est utilisée, parfois l'huile de noix, dans le reste du royaume on utilise surtout du beurre ( qui est lui même en Bretagne un élément de base par exemple ). L'eau était la plupart du temps polluée est la boisson était souvent de la piquette ( boisson peu alcoolisée obtenue après une deuxième macération de raisin ), le cidre pour la Normandie et la bière pour les campagnes du nord. L'accès à la nourriture pouvait bien sur être parfois aléatoire en fonction des récoltes, des crises économiques etc. Les nouveautés du XVIIIe comme le thé, le café ou le chocolat ne se répandent pas dans les milieux ruraux, excepté parfois pour les notables. Vivre à la campagne c'est également avoir un habitat basé sur les ressources naturelles environnantes : bois dans les régions de montagnes, granit pour la Bretagne par ex. La maison la plus commune ( que pourrait avoir un journalier ou un artisant ) : structure de bois posée sous un soubassement en pierres, faites de madriers tenus les uns aux autres et qui forment un encadrement vide qui sera comblé par du torchis. Les toits dont la forme varie en fonction des provinces sont souvent en chaume et sont donc extrêmement sensibles aux incendies. Les intérieurs sont très simples, sauf pour les notables qui se permettent du luxe tels que les rideaux ou les fauteuils. Sinon c'est le stricte minimum, un sol souvent en terre battue sauf pour les familles les plus aisées. Les maisons étaient pratiquement toujours pourvues d'une cheminée. Le XVIIIe voit une évolution c'est la spécialisation des pièces et l'apparition du corridor. La table, qui était rare au XVIIe se répand de plus en plus au XVIIIe. Niveau vestimentaire : enfants robe unisexe jusqu'à 7 ans, ensuite femme : chemise, jupon et bas recouvert d'une jupe et d'un tablier souvent en laine, voir en chanvre pour la chemise, sabot et bonnet. Homme : paire de braies, chemise, bas ou pas, veste par dessus le tout, chapeau ou bonnet, sabot. Diffusion des indiennes au XVIIIe que seuls les notables ou laboureur les plus aisés pouvait s'offrir. Le vêtement sert ainsi de distinction sociale. Les différences s'affirment surtout à partir du 18e, se voit avec le nombre de pièces que l'on possède ou par le fait de pouvoir ou non s'acheter des nouveauté venues de la ville. Le vêtement devient alors une devanture sociale, ce qui me pousse vers ma dernière partie, c'est à dire s'interroger sur les aspects socio-culturels de la vie à la campagne au XVIIIe.

    III- Les aspects socio-culturels


    1- L'apprentissage et l'enseignement


    L'apprentissage de la vie se fait au contact et par immitation des adultes. On leur apprend très tôt les dangers de l'environnement, comment préserver leur corps, l'honneur familial et professionnel. Jusqu'à 7 ans le catéchisme souvent transmis par les parents à travers des contines ou des chansons se charge de l'aspect culturel. Entre 7 et 14 ans les jeunes commencent à entrevoir le monde du travail, ils s'occupent du bétail par exemple, et celui de l'école et d'une éducation religieuses plus rigoureuse. Les garçons entrent ensuite dans des groupes de jeunesse comme dit plus haut, et les filles restent auprès des femmes. Au XVIIIe siècle les campagnes françaises commencent à avoir un réseau d'école assez dense. Le but est de christianiser plus profondément le monde rural et d'éliminer les restes de protestantisme : l'implatation des écoles suit cette ligne de reconquête. La déclaration royale de 1698 reprise en 1724 pose en principe la fondation d'une école dans chaque paroisse et l'obligation scolaire jusqu'à 14 ans. Pour l'église l'instruction est en plus bénéfique à l'ordre public puisque l'ignorance amène à l'oisiveté et au libertinage. Les écoles sont donc créées par les assemblées des habitants des paroisses puisque l'État n'en a pas les moyens, et les cours sont assurés par des maîtres et maîtresses indépendants et laïcs mais qui doivent prouver qu'ils sont de bons catholiques. Ils sont recrutés soit par le fondateur de l'école soit par l'assemblée des habitants de la paroisse. Les cours ne sont pas mixtes, durent dix mois dans l'années, avec des vacances à Pâques et septembre mais avec de grosses variantes locales. Les écoles dispensent trois enseignements : religieux, scolaire ( lecture, écriture, calcul) et la civilité ( bonne manière ). Mais il est rare que les enfants restent à l'école jusqu'à la fin de l'enseignement. De plus dans les campagnes l'enseignement se fait plus de manière oral. Au final l'alphabétisation à la campagne est variable alors qu'elle s'accélère en ville, l'analphabétisme reste majoritaire au XVIIIe. Mais l'introduction du livre dans le milieu rural par le biais des colporteurs va aider à sa progression. On utilise des abcdaires dans les écoles, le catéchisme aide aussi à apprendre à lire. On peut voir sur le document que l'alphabétisation de la France coupe la pays entre environ le nord de la Bretagne à Genève, la partie supérieure est plus alpabétisée. Dans ce domaine on voit également que la religion reste omniprésente.

    2 – Une religion qui reste omniprésente


    La religion a surtout une empreinte morale très forte sur la vie à la campagne, elle encadre toute la vie des ruraux qui se tournent vers elle pour y trouver une protection contre les malheurs, et poussés par une peur de l'au-delà. Ils sont donc empreints d'une religiosité traditionnelle et de pratiques superstitieuses. Pour eux tout est dans la main de Dieu : la météorologie, les fléaux ou même les destins individuels. Il y a donc dans les communautés rurales une abondance de rituels mais qui ne respectent pas forcément la liturgie. Donc à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe le clergé commence une tentative de remodelage des chrétiens ( pour lutter contre les hérésies en partie ). Le clergé diffuse des instructions dans les diocèses, le cathéchisme devient obligatoire pour les enfants. Les curés disposent de recueils de sermons qui contiennent des commandements ( fréquentations de la messe les jours de fêtes et les dimanches, les jeûnes hebdomadaires et annuels, la confessions et la communion annuelle ). On transmet des idées de soumission, d'obéissance, de passivité, l'église se veut moralisatrice et finit par justifier l'ordre social => l'enfer fait peur pour ceux qui ne se régineraient pas à leur état et qui voudraient se révolter. Le XVIIIe voit également de nombreuses missions où les missionnaires (majoritairement lazaristes et jésuites ) restent au moins un mois dans chaque paroisse et tentent d'instaurer pour chaque paroissien un réglement de vie. Ils y font donc beaucoup de prêches, de conférences, des sermons. Néanmoins, malgré les grands efforts du clergés on note surtout dans la seconde moitié du 18e siècle une montée de la déchristianisation dans les campagnes qui reste néanmoins minoritaire. Et les études ont montré que cette déchristianisation était plus massive chez les hommes notamment à cause de l'avancée des pratiques contraceptives réprouvées par l'église.

    3- La ville et campagne, entre interdépendance et modèle à suivre

    Pour terminer nous pouvons nous arréter sur les relations d'interdépendances qui lient la ville et la campagne, qui sont souvent construites dans l'imaginaire collectif en opposition l'une par rapport à l'autre. La ville déploie sa domination sur sa campagne environnante, c'est un lieu d'échange économique et de pouvoir politique. Mais la campagne est également à l'origine de l'approvisionnement en biens de consommation mais également en population des villes puisque ces dernières croissent essentiellement grace à l'immigration venue des campagnes.
    Le deuxième aspect des relations urbain-rural est que la ville est souvent vue comme une sorte de modèle. Paris notamment est le lieu d'où partent les modes, que se soit de consommation, ou simplement vestimentaire, et qui seront répandues par le biais des nobles et des bourgeois dans les villes de provinces et qui arriveront ensuite à la campagne. Les nouveauté urbaines arrivent également en ville, comme par exemple les aménagements architecturaux ( corridor).


    Pour conclure nous pouvons dire que vivre à la campagne au XVIIIe c'est vivre au sein d'une communauté hierarchisée et inégalitaire marquée par des contraintes à la fois climatiques et météoroligiques, mais aussi religieuses et structurelles d'un point de vue étatique. Les ruraux étaient en effet écrasés par le poids des charges et des injustices qui ne font que préparer les révoltes de la Révolution Française. C'est un monde où l'accès à l'enseignement, à la libre culture et à l'égalité est difficile. Néanmoins le XVIIIe siècle voit des améliorations arriver dans les campagnes tels qu'une diversification dans les choix de consommation, une amélioration des techniques de production et une alphabétisation qui reste partielle.

    Fait et signé par Alice, une étudiante en L3 Histoire-Géographie à l'université Paul Valéry à Montpellier.

  2. #2
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    ah y a des textes cachés lol
    " nous pauvres mortels ne sommes qu'ombres et poussières !"

  3. #3
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    Mdr ^^

  4. #4
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    Ca y est Nexus, j'y suis arrivé ! J'ai tout lu ...... , sinon très bon boulot !

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