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Discussion: Bernardin de Sienne (Commentaire de texte).

  1. #1
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    Post Bernardin de Sienne (Commentaire de texte).

    Commentaire de texte.
    Texte 19 : La prédication de bernardin de Sienne à Prato.
    Plan :
    I. Prato : une cité dans le Contado florentin.
    a. Prato, une ville liée à Florence.
    b. Une cité pieuse ?
    c. L’arrivée de Bernardin de Sienne.
    II. La place de la prédication à Prato.
    a. La ferveur religieuse.
    b. Les pratiques et les moyens de Bernardin de Sienne.
    c. Impact sur les sociétés italiennes.
    III. Les prédicateurs : une menace ?
    a. La popularité.
    b. Des ennemis paradoxaux.
    c. Les enjeux temporels.

    Introduction :



    L’Italie médiévale est une grande source historique de part sa production écrite et ses processus communaux qui la touche à cette époque, ici en l’occurrence au XVe siècle. Ce texte est de nature épistolaire c’est-à-dire que c’est une lettre, moyen de communication très répandu à cette période surtout dans l’Italie du Nord. On connait d’ailleurs cette région pour avoir profité, bénéficié des avancées de l’écriture dans l’administration ce qui se répercute sur une population plus lettrée utilisant beaucoup de protocoles qu’on retrouve dans les normes épistolaires. Une population qui sait écrire et lire pour certains comme pour le texte présent qui nous montre un exemple de lettre écrite par un contemporain du XVe siècle.
    L’auteur de cette lettre sait utiliser ces normes protocolaires et se nomme Sandro di Marco Marcovaldi. Un homme dont nous en connaissons peu mais c’est quelqu’un qui maitrise l’écriture donc qui eut une éducation voire qui a fait des études. Ce qui témoigne de sa position sociale sûrement bourgeoise sur qui la prédication du Frère Bernardin a un impact au vu de ses dires. Une prédication pour laquelle il ne ressent pas une once de supériorité, il ne se considère pas au-dessus des lois de dieu donc on peut probablement dire qu’il ne fait pas parti de l’aristocratie de la cité (ce qui ne veut pas dire que l’aristocratie entière se sent supérieure), une aristocratie détentrice du pouvoir et pour lesquels la prédication est vue d’un œil méfiant. De même que dans le texte il énonce les noms de Bernardo et Andrea Nardi, deux hommes allant ensemble à la prédication, sûrement encore des frères, trainant entre membre d’une même famille. Notre Sandro les connait donc possède un genre de réseau social interfamilial pratiquant des affaires ensembles. Néanmoins cela reste des suppositions sur ce personnage pour qui on a une certitude, c’est celle d’être élogieux et dévoué entièrement aux propos de Bernardin de Sienne qui prêche un converti.
    Notre contexte commence vers le milieu XIV, c’est à partir de cette date qu’en l’espace de deux générations (1350-1440) que Florence passe de ville, à capitale d’état régional.
    Cette période est une époque de bouleversement politique mais aussi de prospérité et de croissance. Cette situation oblige un groupe de notable à élire un seigneur pour la cité, il s’agit de Gauthier de Brienne, un français, en septembre 1342. Sa dictature ne dure pas longtemps car il est chassé en 1343 par une coalition de seigneur d’artisans et de gens du peuple. Le nouveau régime installé fit une large part aux corporations. Les charges publiques furent partagées entre les vielles familles roturières, des hommes nouveaux issus de famille récentes et des artisans et négociants membre des quatorze corporations inférieures. Dans ce régime que les grands seigneurs n’avaient qu’une représentation symbolique : ils se trouvaient exclus de la seigneurie et des autres grandes charges publiques. Il ne faut pas croire pour autant que ce régime était « populaire » (des milliers d’ouvriers de l’industrie du textile par exemple sont exclus). Mais les tensions internes représentaient une force explosive dans la vie politique de Florence. Ces crises se faisaient naturellement plus aigres aux époques difficiles en période de guerre, de disette, ou de dépression économique. Le régime va réussi à surmonter ces crises nombreuses et à maintenir son contrôle sur la ville. Les années 1370-1380, furent particulièrement difficile pour Florence, la dépression de l’industrie du textile créait une inquiétude et un chômage diffus. La discorde entre factions s’accrut, les guelfes et leurs rivaux s’opposant pour le contrôle du régime. En 1375, un groupe de citoyens hostiles à la faction guelfe lança une guerre contre la papauté (un comble pour une cité guelfes). Le pape furieux (Grégoire XI) frappa d’interdit Florence et se rendit d’Avignon à Rome pour conduire lui-même la bataille contre les Florentins et leurs alliés. Les tensions crées par ces manœuvres et par les pressions fiscales atteignirent le point de rupture en juin 1378. Mené par le Gonfalonier de Justice Silvestre de Médicis, le parti de la guerre fit passer une loi qui condamnait les chefs du partie guelfe. Ce nouveau régime dit des Ciompi (ouvriers du textile) ne dura que 6 semaines, et fut renversé. Durant cette brève période la ville est gouvernée par une magistrature spéciale « la Balia » qui tente de restaurer l’ordre public. Mais cette tentative est rendue impossible par la ruine de l’économie. Les Ciompi sont écrasé en août et leurs chefs sont contraint à l’exil. Il va être remplacer par un pouvoir plus conservateur, qui permit aux familles guelfes de retrouver leur influence et leur autorité perdues en 1382.
    Les évènements que nous venons d’évoquer, révèle les profondes failles de la société florentine et la vulnérabilité des institutions communales. Mais Florence conserve le gouvernement communal et les sentiments « républicains » de la cité furent encore renforcés. La république fut stimulée par un patriotisme ardent qui se manifesta au cours des guerres (1389-1402) contre Giangaleazzo Visconti, seigneur de Milan, dont les tentatives d’étendre sa domination à toute la Toscane suscita l’énergique résistance des florentins. Ces années de guerres les contraignirent aussi à de grands sacrifices et créèrent de nouvelles discordes entre les citoyens. Après 1382, le pouvoir est concentré dans les mains d’un groupe d’anciennes familles guelfes, les plus en vue étant celle des Albizzi, des Peruzzi, des Capponi, des Soderini, des Rucellai, des Strozzi et des Guasconi. Leur influence venait de leur rang social, de leur famille, de leur « clientèle » et de leur réseau de partisans, ainsi que leur réputation et de leur prestige personnel. Ils ne changent rien des institutions mais ils savaient les manier pour garder le monopole du pouvoir. En terme institutionnels, le gouvernement restait un gouvernement de corporation, avec la seigneurie et ses collèges, ses conseils législatifs et ses magistrats. Mais en réalité elle était contrôlée par un petit groupe de citoyens éminents dont la fonction était en quelques sorte oligarchique.
    Notre texte est une prédication, comme nous allons le voir rentre dans un contexte précis, le régime oligarchique au tout début XVe lança une politique de répression des vices publics et privée qui déshonorent la cité et attirent sur elle le châtiment divin. L’offensive moralisatrice s’attaque à la prostitution, la violation des lieux sacrés, la corruption des fonctionnaires publics et encore aux jeux de hasard et au blasphème. Elle passe par la mise en place de nouvelles juridictions confiées aux membres de la classe dirigeante : « les officiers de l’honnête » en 1403 ou les « conservateurs des monastères et nones » en 1421. Un contexte florentin long et complexe qui est lié à celui de la ville de Prato car depuis le milieu du XIVe siècle, Prato fait partie du Contado de Florence. La prédication dans cette ville n’est pas un hasard lorsque l’on sait qu’elle intervient dans un moment où l’on pense que les villes sont un nid d’hérétiques. La prédication répond donc à un besoin, à une mission généralement bien accueillie par la population avec une bonne image des Frères Franciscains comme l’exemple de Bernardin de Sienne. Ici on voit l’impact de la prédication sur des personne comme notre auteur chez qui on assite à un réveil de zèle religieux. Une ferveur religieuse ramenée au sein des fidèles dans les scènes qu’il conte avec l’aide excellente d’un orateur d’exception. C’est une période qui voit les Ordres Mendiants s’étendre avec succès comme on le sait pour les Franciscains qui se tournent vers le savoir des écritures saintes et l’exemple comportemental du bon chrétien afin de justifier leur mission pastorale. Une mission qui a souvent pour but principal : la paix. Le métier de prédicateur dont la méthodologie est sans cesse renouvelée, demande un savoir inconditionnel donc de longues années d’étude et une foi à toute épreuve auxquelles il faut ajouter une éloquence hors normes suivi d’une gestuelle apparente et très communicative. On se retrouve donc à Prato avec un Bernardin ayant accumulé de l’expérience suite aux multiples déplacements dans d’autres villes d’Italie du Nord, pas toujours un succès mais c’est ce qui suffit pour lui à faire de Prato une réussite.
    Ce texte est révélateur de la situation dans la région toscane en Italie, la situation de la ville qui appartient au Contado de Florence ce qui les met directement en liens étroits au vu des externalités qui sont advenues et qui adviendront encore dans un futur proche. On peut s’interroger si la ville de Prato est une cité pieuse qui d’après le contexte comme le texte demande la venue de Bernardin de Sienne afin de remettre de l’ordre dans des villes comme celles-ci apparemment gangrénées par l’hérésie. Notre vue se dirige ensuite sur la place de la prédication dans l’Italie médiévale du XVe siècle et ce texte témoigne d’un zèle religieux bienvenue d’après les éléments que nous donne l’auteur sur les faits. Des faits qui présentent les méthodes orthodoxes de Bernardin de Sienne avec le portrait de Jésus sans compter sur un discours prenant voire captivant. Ce qui provoque on le voit encore dans le texte un impact sur les sociétés italiennes qui changent leurs habitudes par soucis de conscience religieuse. Ces changements poussent l’intrigue jusqu’à se demander si ces prédicateurs sont une menace pour les pouvoirs en place avec des ennemis paradoxales mais au fond compréhensible car il y a des enjeux temporels derrières. Les prédicateurs du niveau de Bernardin de Sienne jouissent au moins de cela, d’une popularité qui dépasse les frontières étatiques car leur spiritualité rayonne dans le cœur des gens comme Sandro di Marco.
    En quoi ce texte nous témoigne-t-il de la place importante de la prédication dans les villes italiennes comme Prato ?
    L’intérêt de ce texte est qu’il nous apporte d’importantes et nombres d’informations dans une ville mineure du Contado de Florence. En effet, grâce à ce texte, on peut souligner le thème majeur c’est-à-dire la prédication, de son fonctionnement aux conséquences sur la population d’une ville comme Prato. Une prédication couronnée de succès chez certains comme chez l’auteur à qui on n’a emplie le cœur d’une grande ferveur religieuse réveillée par la venue de Bernardin de Sienne dans une Prato qui en avait apparemment besoin. On voit dans ce texte l’ampleur que prennent ces évènements où se regroupe la ville et ses alentours, un aspect collectif pour se soigner ensemble du mal qui ronge les chrétiens en changeant les habitudes quotidiennes. Un enthousiasme à tel point qu’on peut, en lisant ce texte, sentir l’auteur sourire en écrivant cette lettre tant sa conscience est allégée par les paroles d’un homme futur saint de l’Eglise catholique. Mais cela nous amène à nous dire que la popularité et ce pouvoir sur les foules entraines la méfiance même de ses alliés comme le pape ou encore l’ordre Dominicain qui essayera de porter préjudice à Bernardin pourtant canonisé en 1450. Des ennemis paradoxaux pour des enjeux hélas temporels mais qui ne remet pas en question l’opinion de tous sur Saint Bernardin qui à ouvert la voie à la réflexion religieuse chez certaines personnes. On ne peut punir un homme que l’on sait bon.
    Nous allons dans un premier temps parler de Prato qui est cité dans le Contado florentin, son lien avec elle, en se demandant si Prato était une cité pieuse à la vue de la venue de Bernardin de Sienne. Dans un second temps nous aborderons le sujet de la place de la prédication à Prato appuyée par une grande ferveur religieuse à travers plusieurs exemples du texte suivi des pratiques et moyens du fameux prédicateur qui détermine l’impact sur la société italienne dans une ville comme Prato. Enfin dans un troisième temps nous verrons si les prédicateurs sont vus comme une menace pour cause de trop grande popularité ce qui leur vaudront d’avoir des ennemis assez paradoxaux pour des missions d’essence bonne pourtant sur des enjeux malheureusement d’ordre temporels.


    I. Prato : une cité dans le Contado florentin.

    a. Prato, une ville liée à Florence.
    Avant d’être « annexer » par Florence en 1350 et rattacher au Contado de celle-ci , Prato (l 5) est une ville italienne « comme les autres » elle sera marqué par le même phénomène politique qui est la commune , avec toute les évolutions qui vont avec , en passant des consuls , aux podestats , conseil et capitaine du peuple , des oppositions guelfes et gibelines jusqu’en 1350 . Cette ville est très proche de Florence, à une vingtaine de kilomètres seulement. Elle va être victime de la politique expansionniste de Florence du milieu XIVe siècles, d’autres villes voisines comme Carmignano en 1329 ou Castel Franco en 1330 passèrent sous domination florentine. Prato elle tomba en 1350. Malgré sa soumission à Florence , il nous ne faut pas négliger l’importance de Prato , c’est une ville qui dans les années 1420 , compte tout de même plus de 15 000 habitants , elle est considéré à cette époque comme un centre économique européen majeur , car comme l’essentiel de la Toscane , Prato est une ville marchande et spécialisé dans le textile , nous avons un fort exemple avec la famille Datini et plus particulièrement Francesco Di Marco Datini qui a laissé à la postérité d’incroyable source qui nous montre une administration économique complexe mais extrêmement moderne pour l’époque .
    Toutefois, Datini est devenu célèbre d'une part par une fondation pour les pauvres de Prato qui existe encore aujourd'hui et d'autre part du fait que quasiment toute sa correspondance a pu être conservée, soit 152 000 lettres au total dont 11 000 privées. Elle est la base de l'un des plus importants instituts scientifiques de l'histoire économique du Moyen Âge tardif et donne des aperçus très précis du quotidien de l'époque. On voit que la cité de Prato offre aussi des opportunités pour les audacieux comme Datini. Une ville attractive qui s’enrichie à certaines périodes comme les autres villes et qui surtout possède une activité lucrative comme le textile. Tout cela pour dire que Prato pèse dans le Contado florentin en fournissant des hommes puissants et en étant spécialisée économiquement dans le textile. Mais comme toutes ville à cette époque, Prato connait la venue d’un célèbre prédicateur Franciscain, Bernardin de Sienne.

    b. Une cité pieuse ?
    Les prédicateurs répondent souvent à des demandes des villes, ils ne viennent pas par hasard et donc ils répondent aux échos des appels de piété d’Italie du Nord. C’est facile de trouver la preuve afin de dire si Prato était une cité pieuse ou pas car dans les démarches de Bernardin de Sienne, tout ce qu’il interdit est preuve de la pratique de faits, d’habitudes propres aux habitants de la ville et de ses alentours qui ne sont pas si chrétiens au final. Dans le texte on le voit bien, on voit des pratiques peu religieuses indigne du comportement du bon chrétien. On peut être pieux dans son esprit comme l’auteur qui utilise des invocations et formulations pieuses à l’exemple de la ligne 1 : « Au nom du Christ » et en même temps avoir une activité ludique comme les jeux (l 19) « damiers, échiquiers etc… ». Une cité qui se laisse porter par les dérives temporelles jusqu’au moment où Bernardin arrive à Prato. La cité est pieuse car les messes ne sont pas boudées lorsqu’il n’y a pas de prédicateur en ville. C’est-à-dire que la piété est présente chaque jour dans le cœur des gens mais ces derniers se laissent tenter aux divertissements prohibés car c’est un péché certes mineur. De même que l’ambiance générale, du moins l’avis général est que le discours religieux fait du bien au peuple, comme l’auteur le laisse ressentir l’écoute apporte du réconfort chez tout le monde. Une population qui joue aux jeux donc mais aussi qui porte des accessoires futiles (l20), femmes comme hommes, une cité comme tant d’autres qui glisse sur la pente profane, ne respectant pas souvent cette limite des interdits que le dogme chrétien leur impose. Dans cette Prato, on voit des problèmes de mœurs ou même des vêtements problématiques contraires et voire un peu de sexualité peut être trop apparente. La péripétie finale témoigne en quelque sorte d’un problème qui peut peser dans les esprits, la présence d’une femme possédée par le démon et cela n’a pas dû plaire à tous car c’est dans ces moment-là qu’on voit que notre comportement a permis l’intrusion de forces sombres dans la communauté. Alors on se remet quelque peu en question est on se dit qu’écouter serait une bonne solution afin de se purger. Ceci est normal car ils n’ont pas de rappel concret avant que Bernardin ne vienne. Tout cela pour dire que la cité est un espace assez libre de conscience où l’on se permet des interdits sans pour autant renier la foi ou la religion chrétienne. La cité est pieuse car elle croit en dieu, elle n’est pas hérétique mais elle a sans doute besoin d’aide pour retrouver le chemin prédestiné à la foi chrétienne et ce avec la prédication de Bernardin de Sienne. Quand on voit le nombre de personne qui se déplace pour écouter Bernardin ainsi que leur volonté à se purifier, on ne peut que dire que la ville de Prato est pieuse, dire le contraire serait une faute.
    c. L’arrivée de Bernardin de Sienne.
    Il faut savoir qu’avant d’arrivé Bernardin a déjà commencé à faire le tour de l’Italie du Nord surtout, a engrangé de l’expérience dans la prédication pour enfin arriver à Prato en 1424. Son parcours est particulier car il devient très vite orphelin mais peu de temps après il est recueilli par son oncle qui l’élève comme son fils. Recevant une éducation adéquate à son rang social, il se prédestine pour la charité en gérant très jeune un hôpital pour personne malade ce qui va l’atteindre d’ailleurs. Il trouve son crédo parmi les Franciscains où d’ici il en adopte la règle et peut exercer ce pour quoi il est fait c’est-à-dire l’étude des Ecritures Saintes et la prédication. Après son « prédication tour » il arrive donc à Prato où il connaitra l’un de ses plus grands succès sur la foule. L’arrivée étant faite ici (l 5) « un mois et demi » auparavant elle répond donc à une demande. Une demande pour améliorer une situation non catastrophique de l’état de zèle qu’ont les habitants. Pour réveiller en eux la piété trop longtemps mis de côté afin de l’amener sur le premier plan. Ils ont besoin d’un rappel théologique de grande envergure pour l’époque et récurrent. L’offensive moralisatrice s’attaque à la prostitution, la violation des lieux sacrés, la corruption des fonctionnaires publics ou encore les jeux de hasard… Cette politique ne s’applique sûrement pas qu’à Florence mais à tous son « État » , elle passe par la mise en place de nouvelles juridictions confiées aux membres de la classe dirigeante avec comme exemple « les officiers de l’honnêteté » en 1403 ou les « conservateurs des monastères et des nones » en 1421. On voit ici et d’après le texte que (l 5 et 6) que Bernardin « a prêché tous les matins » depuis son arrivée. Un travail de longue halène qui demande du temps, ce n’est pas le premier jour que Bernardin aura le plus de foule, la prédication n’étant pas une priorité absolue pour les habitants qui ont une vie profane à entretenir. Mais on peut noter la persévérance des prêches réguliers donc pour atteindre les habitants de Prato qui au fond vont être séduit par le discours et comme résultat nous aurons cette lettre où les conseilles du prédicateur sont appliqués. (l 14) « J’ai eu tant de plaisir à sa prédication », l’auteur n’est pas abusé par la présence du prédicateur mais il en profite, il savoure ce moment car il sait que pour lui comme pour les autres ce discours est important et ne peut être que bénéfique. Donc la présence et l’arrivée de Bernardin de Sienne est la bienvenue dans le cadre que la conscience collective sait qu’elle a fait des erreurs et est prête à se faire pardonner à travers des actions dictées par le saint homme surnommé « l’apôtre de l’Italie ». Ce qui revient à nous interroger sur la place de la prédication à Prato comme ailleurs où on assiste à au réveil non pas de la force mais bien de la piété.
    II. La place de la prédication à Prato.
    Le succès que rencontre Bernardin de Sienne à Prato n’est pas un hasard, ce n’est ni l’aboutissement mais cela est issu d’un long processus de normalisation c’est-à-dire qu’il y a eu un travail sur des années sur le travail et l’image du prédicateur et de la prédication. Ce qui nous amène ici à parler de la ferveur religieuse qui devient à la fois omniprésente et transcendante sur certains points. Ceci est sans compter sur le talent requis, sur les pratiques et moyens utilisés par Bernardin ce qui forge en quelque sorte ou du moins sur une période, l’impact de cette prédication sur les sociétés italiennes.


    a. La ferveur religieuse.



    La ferveur religieuse est présente ici dans ce texte quand on voit qu’un frère de l’ordre mendiant des franciscains arrive à réunir une foule allant (l 17) « de 4000 (…) à 6000 personnes » pour une cité mineur comme Prato. Pour Bernardin de Sienne, il atteignit jusqu’à les 30 000 personnes réunis dans une simple place. On peut aussi énoncer les évènements de (l 21) « grand feu de joie » où la population se vide d’objets d’allusion diaboliques dans un grand feu sur une grande place, ici (l 20) « Saint-François », nourri avec un enthousiasme religieux éclatant. Cela est un succès car (l21) « Jamais on aurait imaginé que l’on en apportât autant » d’après l’auteur ou encore (l22-23) « Jamais on n’avait vu si belle dévotion ». On voit ici que le prédicateur Bernardin arrivé (l 5) « un mois et demi » auparavant réveille ce sentiment de rejet régulièrement (« tous les matins »), une volonté de laver la société des apparats futiles et mauvais pour le croyant chrétien. Une ferveur religieuse qu’on rencontre une nouvelle fois lors de la narration de la petite anecdote de l’auteur où se passe la prédication de Bernardin et où une femme possédée par le démon se fait remarquer de tous. Pendant que Bernardin la guérit de son mal, d’après l’auteur, (l 45) « tandis que tous les hommes, femmes et enfants crièrent d’une même voix « Miséricorde » ». On imagine ici un regroupement de milliers de personnes et dans un élan de zèle spontané crier ce mot, avec l’écho de la place que les bâtiments produisent autours, nous avons ici une situation de ferveur religieuse qui repose et semble purifier les consciences. On note aussi l’aspect collectif de ces regroupements, on se soigne du mal ensemble, une communauté religieuse au service du bien civique, bref pour le bien de la cité.
    b. Les pratiques et les moyens de Bernardin de Sienne.
    Il faut aussi s’attarder sur les pratiques de prédication de Bernardin de Sienne, associé par l’auteur, (l 1) « par sa grâce et vertu, de nous envoyer un esprit de prophète », donc par son comportement et sa sainteté au Christ car pour l’auteur Bernardin est à son niveau. En effet, l’avis de l’auteur doit surement être un avis majoritaire car il tient un discours plus qu’élogieux à son égard comme un homme, (l7) « un homme excellent, saint et juste, doté de toutes les vertus possibles ». Bernardin est un homme intelligent, cultivé, savant religieux de par son parcours. En effet, il devint très vite orphelin et recueilli par son oncle qui le traita comme son fils, il a pu bénéficier d’une éducation de son rang social pour un enfant d’une famille riche et socialement élevée comme déjà dit précédemment. Bernardin n’a pas hésité et avec réussite à gérer un hôpital très jeune puis à rentrer dans l’ordre des franciscains où il trouve sa voie avec des années d’études c’est-à-dire la voie de la prédication. Le fait de s’exclamer devant une foule n’est pas un succès total partout mais il engrange l’expérience nécessaire pour arriver en 1424 à Prato où l’on voit le résultat de ses efforts à travers une lettre d’un individu qui ne dis que du bien à son sujet. Le but étant d’évangéliser le peuple italien, il marque de son sceau les personnes qu’il croise qui le gardent dans leur mémoire comme un exemple de parfait chrétien et ça c’est la force de Bernardin. Ce dernier a donc de l’expérience en tant que prêcheur de par son éloquence, (l 9) « un homme d’une telle éloquence » mais aussi un homme qui convainc (l 12) « il sait tous les ouvrir et les briser » afin de mettre chaque pécheur dans le droit chemin. Outre son excellence dans sa fonction de prédicateur, ici d’après ce que raconte l’auteur, il fait un sermon sur le nom même de Jésus, un de ses discours favoris placé au lendemain de la Pentecôte donc une période où la religion se place plus ou moins au cœur des citoyens de Prato. Il utilise le portrait de Jésus rayonnant qui est en particulier sa spécialité, à l’œil de la foule et surtout aux yeux de l’auteur, on rappelle ce dont pourquoi on croit ce dont pourquoi on a la foi. Il change les habitudes de la cité en passant par les divertissements de la population, une population qui joue (l 19) « aux damiers, les échiquiers et les dés », les jeux d’argent sont prohibés car ils détournent le fidèle. De plus, il fait pareil avec (l20) « les chapeaux et les atours » des femmes qui sont aussi mis au grand Buchet. Quand Bernardin rentre dans une cité c’est pour en changer le quotidien, les habitudes vestimentaires de la population de Prato ce qui est une bonne transition pour parler de son impact de ses actions dans la société civique.
    c. Impact sur les sociétés italiennes.
    Il faut savoir que la prédication passe et diffuse un message de paix à travers le discours religieux. On le voit quand il veut aussi introduire et faire ressentir l’importance spirituel qu’on retrouve dans le nom christ. Un nom saint qui doit être partout, qui doit marquer le quotidien des citadins jusqu’à même se retrouver dans l’architecture civile de la cité. Il est déjà arrivé qu’on enlève les armoiries de la cité pour mettre des initiales sacrées (I H S : est une abréviation et une translittération imparfaite du nom de « Jésus » en grec) provenant de lectures de Bernardin pour rappeler que le plus important est la religion car elle seul pourra assurer le salut. On va retrouver donc le nom de Jésus du moins une invocation de ce dernier sur les habitations, sur les bâtiments publics ainsi que comme ici dans cette lettre où dès le début on retrouve « Au nom de Jésus Christ » dans chaque lettre qu’on écrira et je pense que c’est d’ailleurs l’intention de l’auteur. Un autre exemple clair se trouve lorsque l’auteur raconte sa venue au prêche et qu’il refuse de s’assoir à côté de ses présupposés amis car il y a la présence de femmes, dans une idée religieuse où les femmes sont plus sujettes au démon, au blasphème que les hommes, il faut juste se référer à l’histoire d’Adam et Eve pour comprendre cette réaction. Une réaction de nature puritaine où l’on ressent le besoin de s’écarter, d’un point de vue individuel, de ce qu’on considère comme quelque chose mauvais, ou qui nous influencerait dans un mauvais sens, au salut surtout dans un moment comme celui-là où la sainte parole résonne dans les rue de Prato et surtout dans la conscience, l’esprit des gens. Bernardin a ce pouvoir-là, un pouvoir sur les foules, le pouvoir de la bonne conscience et de la vérité sainte.
    III. Les prédicateurs : une menace ?



    Il arrive parfois que les bonnes œuvres attirent la jalousie voire la convoitise ou tout bonnement des ennemis qu’ils soient aristocrates, mendiants ou même faisant partie du camp du pape. C’est que lorsque l’on regarde l’emprise de Bernardin sur les foules, il serait mauvais de l’avoir comme ennemi donc comme souvent les pouvoirs en place se sont servis de cette force à leur avantage que se soit pour gérer la ville ou bien enjoliver leur image chrétienne.


    a. La popularité.



    Si l’on s’attarde sur la popularité que peuvent accumuler les prédicateurs quand ils réussissent leur mission, on peut facilement en déduire que cette même popularité fait des envieux ce qui est normal. Bernardin réussit ici à s’initier dans le quotidien des personnes qui le garde en mémoire, qui ont besoin de se rattacher à un être dans le cas où ils souffrent d’une conscience religieuse trop délaissée. On vient au prêche certes pour s’y montrer aussi, faire voir que l’on accorde de l’importance à la foi et à la bonne parole, mais on vient aussi pour se reposer la conscience et donc s’apporter la paix à travers la prédication religieuse. Ces gens venant s’entasser sur une même place, des milliers on l’a vu, accepter d’être serré aux côtés de personne que l’on ne connait pas du tout. On y vient quand on sait que l’on aura satisfaction. On fait confiance à un homme qui nous semble pur de sorte à faire ce qu’il dit et pour lequel on sait qu’il est plein de bonnes intentions que ce soit envers les chrétiens et la société urbaine. On le voit dans le texte quand les gens acceptent de jeter leurs propres biens lors des grands feux. Dès lors, sa popularité lui permet d’exercer son autorité dans le cadre du bien-être physique, morale et religieux. Les gens aussi partage sa popularité en la rapportant à leur entourage donc de la bouche à oreille mais cela ne suffit pas il faut que le citoyen de base prouve du bien fondé de ses propos sur un homme qu’on rend supérieur. C’est ici qu’intervienne les miracles qui accompagne la vie de Bernardin. Un exemple : lorsqu’un homme s’est moqué de la monture de Saint Bernardin qui était un âne, soudain un coup de vent entrainé ou suivi par un mouvement de tête de l’animal qui ont suffit à faire tomber l’homme moqueur et le blesser, Bernardin le soignera quand même. C’est à travers ces types d’histoires que la popularité se diffuse et convainc. Une majorité qui pense Bernardin bon et saint ce qui lui mérite une image indéniable d’homme religieux et juste incontestable. Une image qui va d’ailleurs lui valoir une canonisation par le pape Nicolas V en 1450, 6ans après sa mort à peine. Normalement c’est un protocole long d’enquête sur la personne en question mais apparemment tous étaient unanimes au sujet de Bernardin ou plutôt Saint Bernardin. Une popularité aussi qui donc traverse les frontières jusqu’à en l’occurrence Paris où le roi Louis XI lui construira un tombeau proportionnel à sa foi et à sa popularité donc.


    b. Des ennemis paradoxaux.



    Malgré les bienfaits de Bernardin de Sienne, il se fait aussi des ennemis que ce soit sûrement dans l’aristocratie de certaines villes, dans l’Eglise, ou encore même dans l’autre ordre celui des dominicains qui va d’ailleurs l’accusé pour idolâtrie car il utilise le portrait de Jésus dans ses prédications. Le pape ne pouvant pas le condamné car l’avis, l’opinion générale sur ce saint personnage est relativement bonne et les preuves sont futiles. C’est son emprise, à connotation positive bien sûr, son pouvoir et son impact sur les foules italiennes qui risque sûrement de déranger les détenteurs du pouvoir. De plus que les frères de l’ordre de Saint-François bénéficient d’une certaine liberté dans leur parole et leur acte et sont parfois hors juridiction de l’Eglise et voire d’ailleurs ils peuvent commencer à avoir un comportement anticlérical. Bien sûr, Bernardin n’a jamais été qualifier d’hérétique, terme d’ailleurs à remettre en question. Mais il arrive parfois que des hommes faisant parti des Ordres Mendiants n’éprouvent plus le besoin d’être encadré par l’Eglise et dès lors ils sont appelés hérétiques. En ce qui concerne Bernardin, ses actions étaient pour lui comme lorsqu’il a été accusé par les Dominicains. Les Frères Mineurs attiraient la méfiance de l’Eglise car ils étaient en quelque sorte des électrons libres. Méfiance aussi pour tous les genres d’autres cultes assez mystiques qui vise à se délester de tous nos biens. Le paradoxe est à son maximum quand il s’agit des Frères Dominicains qui quant à eux n’ont pas la même mission. En effet, ces hommes sont plus dans la confrontation pastorale c’est-à-dire qu’ils sont là où l’hérétique est. Saint Dominique sera surnommer « le chien de dieu » comme preuve de son acharnement. Mais les Franciscains et Dominicains partagent le même but au final qui de convertir ou du moins de ramener le peuple italien dans la foi et le comportement chrétien. Mais quand le temporel et le spirituel s’entremêle, des conflits apparaissent même au sein du même camp.
    c. Les enjeux temporels.
    La piété commune dans laquelle les formes de la religion ordinaire a dû s’imposer après les conciles comme le Latran IV qui cherche à imposer en profondeur la religion. Contrôle social via le religieux, au même moment où se dvp le culte de la vierge, le culte Marial. Dvt de la crainte croissante de l’au-delà à laquelle les prêcheurs, en particulier les dominicains avaient apportés une grande importance, une pastorale de la parole, c’est l’action de l’éducation religieuse. Dans les sociétés européenne, l’éducation passe par la prédication des prêcheurs superstars. Usage de la parole publique qui inculque des normes ou à semer la terreur sur les vices, on trouve une traduction artistique de cette inquiétude dans les représentations de l’enfer qu’on trouve dans les églises. C’est aussi le moment où se met en place à l’initiative des ordres mendiants, l’idée que l’on peut via la prière racheter les vices des vivants et des morts. Le culte donc du purgatoire, un espace-temps où les âmes pourront être sauvées selon les prières récoltées, des prières qui s’achètent, pratique et dvt des testaments. Dans cela on répartit les bien et on y ajoute des legs pieux qui permettent de se bonifier, et on y ajoute des prières des messes commémoratives selon ses richesses on en a plus ou moins. Possibilité de rachats de ces prières. Les vivants peuvent par leur actions, messes alléger le temps du purgatoire. Et pour faire ces prières pour tous il faut du personnel = service après-vente. La question du choix de la sépulture, l’élection de sépulture, canoniquement on devait être enterré dans la paroisse, la sienne, mais grâce aux ordres mendiants ils obtiennent le privilège « jus sepeliendi », le droit de sépulture, ces courants viennent concurrencer les cimetières paroissiaux, les gens préférant les cimetières mendiants après les années 1250. Mais c’est une affaire de choix familiaux avant tout. Concurrence car il y a derrière toutes les messes, les dons pour la mémoire du défunt donné à l’église. Compétition au sein du clergé entre le clergé paroissial et les outsiders, les mendiants franciscains et dominicains. Tout cela pour dire que les enjeux temporels dépassent malheureusement les enjeux spirituels. De bonne action mais toujours dans le profit, pour un but, en passant bien sûr par la sauvegarde du salut chrétien qui demeure important au Moyen-Age. Le prédicateur peut donc avoir plusieurs ennemis ou du moins des adversaires temporels avec l’aristocratie ou les communes populaires avec un capitaine du peuple, ou bien des adversaires spirituels comme les Dominicains (mission plus pastorale de la chasse aux hérétiques) et même le pape si le prédicateur adopte un comportement anticlérical.
    Conclusion :

    Pour conclure, on voit que les villes mandent la venue de « superstar » de la prédication à la grande renommée afin de réveiller cette ferveur religieuse dans des villes qui deviennent de plus en plus profane en bravant les interdits religieux. Le prédicateur utilise des méthodes sans cesse renouvelés pour plaire au public chrétien qui se retrouve dans ses discours parfois dérangeants pour le pouvoir local. Un discours puritain qui plait en témoigne la lettre de l’auteur qui va parler de dieu, de la religiosité et du comportement chrétien à travers l’utilisation d’invocation au nom sacré de Jésus pour à peine placer à la fin de sa lettre (l 50) « Nous nous portons tous bien, […] et qu’il en soit ainsi de toi », ceci étant adressé sans compter l’invocation au milieu de la phrase à son interlocuteur, le receveur de la lettre. Un message donc du prédicateur qui a atteint l’esprit des gens alors qui est une réussite pour Bernardin qui a encore une foi (l 2) « par sa grâce et vertu » su prêcher un converti. L’intérêt de ce texte est qu’il nous apporte d’importantes et nombres d’informations dans une ville mineure du Contado de Florence. En effet, grâce à ce texte, on peut souligner le thème majeur c’est-à-dire la prédication, de son fonctionnement aux conséquences sur la population d’une ville comme Prato. Une prédication couronnée de succès chez certains comme chez l’auteur à qui on n’a emplie le cœur d’une grande ferveur religieuse réveillée par la venue de Bernardin de Sienne dans une Prato qui en avait apparemment besoin. On voit dans ce texte l’ampleur que prennent ces évènements où se regroupe la ville et ses alentours, un aspect collectif pour se soigner ensemble du mal qui ronge les chrétiens en changeant les habitudes quotidiennes. Un enthousiasme à tel point qu’on peut, en lisant ce texte, sentir l’auteur sourire en écrivant cette lettre tant sa conscience est allégée par les paroles d’un homme futur saint de l’Eglise catholique.

    Mais cela nous amène à nous dire que la popularité et ce pouvoir sur les foules entraines la méfiance même de ses alliés comme le pape ou encore l’ordre Dominicain qui essayera de porter préjudice à Bernardin pourtant canonisé en 1450. Des ennemis paradoxaux pour des enjeux hélas temporels mais qui ne remet pas en question l’opinion de tous sur Saint Bernardin qui a ouvert la voie à la réflexion religieuse chez certaines personnes. On ne peut punir un homme que l’on sait bon.

  2. #2
    Légionnaire Avatar de marcanius
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    pff quel boulot l'ami
    " nous pauvres mortels ne sommes qu'ombres et poussières !"

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